Réhabilitation du Cafi de Saint-Livrade.

Les mamies du camp seront prioritaires dans l'attribution des nouveaux logements. Trente-six leur sont réservés. La bonne nouvelle va être officialisée ce soir en conseil municipal. Marthe Geoffroy, la première adjointe en charge du dossier, sera " ravie et soulagée " d'annoncer que la réhabilitation du Cafi (Centre d'accueil des Français d'Indochine) va enfin être lancée. Cette fois-ci, on n'en est plus aux conjectures et aux hypothèses, le conseil d'administration de l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) a officiellement accepté jeudi dernier de prendre en charge à 100 % la démolition et à 80 % les études menées par la Sem 47 concernant la réhabilitation.


PHOTO ARCHIVES SUD OUEST

 Au total, la seule démolition s'élève à 500 000 euros dont 243 000 pour la première tranche. " C'est une mesure totalement dérogatoire ", explique le sous-préfet de Villeneuve, Marie-Hélène Valente évidemment satisfaite de la tournure d'un dossier pour lequel son prédécesseur, Pascal Grosso, a fait beaucoup. Totalement dérogatoire dans la mesure où le dossier complet de rénovation n'est pas complet et qu'en temps normal l'ANRU subventionne entre 50 et 70 %.

Incendie mortel. Les élus livradais qui avaient présenté un début de projet de réhabilitation en milieu d'année dernière et espéraient voir les travaux débuter dès la mi-novembre voient donc le bout du tunnel. Et avec eux, les habitants du camp dont 200 logements sont occupés à l'année ou durant les vacances. On se souvient que dans la nuit du réveillon, Liliane Andréa une des mamies du camp, âgée de 86 ans, avait péri dans l'incendie de son logement extrêmement vétuste (toit en Everite, plafond en carton, plancher en bois, ...). Le bâtiment V où elle logeait fera partie des cinq qui constituent la première tranche et seront donc les premiers démolis. Les quatre autres sont les grands bâtiments centraux vides de logements mais accueillant néanmoins la pagode et les deux magasins d'alimentation. Cette première tranche de démolition devrait débuter dès que l'entreprise désignée pour les travaux sera à mesure de s'atteler à la tâche. " C'est une question de jours ou de semaines ", estime Marthe Geoffroy. Parallèlement, il va s'agir d'aller plus en avant sur le dossier de reconstruction et de réhabilitation. Une réunion de concertation et d'information notamment pour présenter la maîtrise d'ouvrage urbaine et sociale (MOUS) aura lieu sous quinzaine pour tenter d'y voir plus clair. Quelques certitudes existent cependant.

130 ayants droit recensés. Les 130 ayants droit seront traités prioritairement et 32 logements seront attribués en priorité aux mamies du camp qui vivent là depuis 1956. Les deux opérateurs en matière de logement dans le département pourraient intervenir. Logis 47 à coup sûr pour la première tranche et Habitalys probablement pour la seconde qui reste encore à finaliser. Le camp s'ouvrira sur la ville et en particulier sur le lotissement attenant de la "Cité du Lot" qui aura aussi droit à un rajeunissement. Les premières constructions sont espérées avant la fin de cette année. De cette reconstruction, l'ANRU pourrait prendre sa part entre17et 22%. Le Conseil général donnera aussi du fait de sa compétence concernant les personnes âgées, le Conseil régional reste à solliciter. La Caisse des dépôts et consignations concédera des prêts bonifiés. In fine, la commune qui est propriétaire des lieux depuis 1981 n'aura pas ou peu à faire appel à ses propres deniers.

Le temps des pioches
Jean-François Renaut


Le choix de l'emprunt.

L'ordre du jour de cette séance extraordinaire du Conseil municipal comptait deux dossiers, relatifs au CAFI. Dans le premier, les 20 élus présents ont débattu de la démolition des premiers bâtiments et de la réalisation d'un emprunt pour la financer. Marthe Geoffroy, première adjointe, en charge du dossier CAFI, a rappelé que le programme de réhabilitation des lieux nécessite la démolition de quatre bâtiments centraux. " Le conseil a déjà attribué le marché de travaux pour environ 100.000 euros, et approuvé le plan de financement faisant apparaître une demande de subvention auprès de l'ANRU(1), égale à 100% de la valeur hors taxe. Cette démolition doit être engagée sur l'exercice 2005 " a de nouveau précisé l'ajointe. " Mais l'ANRU n'a pas encore statué sur notre demande de subvention. Notamment compte tenu du contexte national, lié aux restructurations des habitats des villes banlieues. Nous devons donc réaliser un prêt spécifique à cette opération auprès de Dexia crédit local. " Marthe Geoffroy a aussi expliqué que, d'une durée de 30 ans à l'origine, ce prêt révisable de 100.000 euros pourra être soldé sans pénalité, pour prendre en compte l'attribution de la suvbention attendue de l'ANRU.


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Les habitants du CAFI attendent beaucoup de ce projet de réhabilitation, qui va débuter par la démolition de quatre bâtiments centraux.

Interrogations. Certains élus, de la majorité, comme de l'opposition, se sont inquiétés d'un éventuel désistement, de partenaires financiers notamment, ou des services de l'état, quant à la réalisation du processus. Des interrogations jugées compréhensibles, mais semble-t-il relativisées par Gérard Zuttion et son adjointe. " Nous n'avons pas, pour l'intant, d'assurance concrète, écrite d'engagement de la part de l'ANRU, tant que notre dossier n'a pas été validé par le comité directeur de l'ANRU. Mais tout indique que ce processus va se poursuivre comme il se doit. Nous n'avons aucun intérêt, et même beaucoup de risques à essayer d'interrompre ce processus. Car il y a tout de même un engagement de l'état, pour l'opération de démolition notamment, par le biais d'une dérogation du préfet (qui devra être acceptée) pour cette avance, en attendant la réponse de l'ANRU. " Le dossier a recueilli l'abstention de 5 membres de l'opposition. Dans le second dossier, une subvention exceptionnelle de 780 euros a été accordée à la CEP, (Coordination des Eurasiens de Paris), qui prend part à l'organisation de la commémoration du 50 ème anniversaire de l'arrivée des français d'Indochine au CAFI, prévue dès avril 2006. " Un évènement important dans le contexte de réhabilitation, qui nécessite de mettre en commun tous les moyens Livradais et extérieurs à la commune. Cette subvention, versée au premier trimestre 2006, permettra de couvrir les frais relatifs à leurs déplacements pour assister aux réunions préparatoires." (1) Agence Nationale de Rénovation Urbaine.

 Statut des résidents du CAFI depuis 1956


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